16 octobre 2008
Journée passée en assez grande connexion (tant avec moi-même qu’avec le monde extérieur) mais j’ai fait une erreur très instructive ce soir : à l’occasion de la petite soirée fêtant simultanément le permis de Natha et les anniversaire d’Armand, Gaelle et Odile, j’ai bu. Au début le sentiment de connexion est immédiat et celui-ci grandit tant qu’on continue à boire, jusqu’à un certain seuil où on devient juste un lourdeau bourré évidmment. Ce n’est qu’après coup qu’on se rend compte que cette connexion était totalement fictive et que la soirée eut été bien plus riche encore si on avait pu profiter pleinement de ses sens au lieu de faire mine de les exacerber par la boisson. L’alcool n’accroit en rien les sensations, il crée les siennes propres et irréelles. La réalité peut pourtant être si douce et si riche, que je considère à présent l’alcool comme un véritable poison qui isole de la réalité bien plus qu’il ne crée des liens. Je répète : plutôt que d’aider à connecter à la réalité, il connecte à une réalité parallèle.
Hé voilà , il m’aura fallu dix ans d’expérimentations diverses et variées avec l’alcool pour me rendre compte que l’alcool n’aide en rien à rendre la réalité plus belle, puisqu’il en crée simplement une fictive. La vie est tellement plus belle lorsqu’un la vit consciemment.
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15 octobre 2008
J’ai fait cette nuit, alors que j’en étais à ma onzième heure de conduite pour rejoindre Oléron et que mon esprit pu enfin divaguer à des pensées de plus en plus ultra-conscientes, et ce notament sous l’impulsion d’une interview radiophonie du réalisateur autodidacte Claude Lelouch, la réalisation suivante :
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Il m’est souvent arrivé de me sentir extrêmement puissant à différents moments de ma vie. Ce furent des épisodes durant lesquels j’agissais de manière instinctive tout en étant pleinement conscient de la qualité de mes actions et en conservant la capacité à guider mes actes (je veux dire par là que bien que guidés par l’instinct, mes actes n’étaient pas pour autant dépourvus de volonté consciente). Le tout supporté par une détermination aveugle. Il s’est agit par exemple de l’entretien que j’ai eu avec Henri Béguelin pour lui réclamer une augmentation, de nommbreux moments au cours de mes études de comptabilité, de moments de compréhension lors de la résolution de problèmes complexes (de programmation informatique par exemple), voir de certaines interactions particulièrement couronnées de succès avec des filles. L’impression globale de savoir exactement quels bouttons presser pour faire fonctionner la machine, sauf que le clavier de commander aurait été invisible et que mes mains auraient fait le travail toutes seules, mon cerveau conscient ne faisant que jouir de la qualité de leur travail.
Bref, tout comme j’ai des moments d’ultra-conscience, j’ai aussi des moments d’ultra-succès. Cet état permet de jouir d’un bonheur sans nom. Certaines personnes fonctionnent ainsi à leur top niveau en quasi permanence. Moi pas. Et je sais à présent que c’est très certainement en grande partie en raison du fait que je vis 90% du temps dans l’absence la plus complète, dans la déconnexion totale du monde extérieur. Ceci, en plus de m’empêcher de pouvoir profiter pleinement des événements agréables de ma vie, empêche en outre mes sens de pouvoir ressentir les choses et donc mon esprit et mon corps ne peuvent agir en conséquence. Etre déconnecté du dehors c’est aussi être déconnecté de soi. Je veux travailler sur une plus grande connexion, sur moins de trainailleries de la part de mon esprit.
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15 octobre 2008
Certes on ne peut pas dire que ma libido ait été grandissante ces derniers temps. Cependant lorsque du cu de la fille qu’on est en train de sauter en levrette émane une odeur de merde et qu’il y a des traces brunes autour de son anus, comment pourrait-on ne pas perdre toute envie?
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15 octobre 2008
J’ai fait un rêve assez angoissant cette nuit. Il y avait un bout de temps que je n’avais pas rêvé suffisament intensément pour m’en souvenir le lendemain. J’étais à la fenêtre d’un appartement rue Vanderkindere, en bas de la rue là où la famille kurde habite. Il y avait différents objets sur la rue ainsi qu’un petit camion de location pour déménagements. Un gars se gare le long du trottoir en glissant sa voiture sous une table qui est mise sur la rue (la table est plus haute et plus large que la voiture). Là un gars arrive très énervé et fait mine de vouloir le frapper. S’ensuit un sorte de chaos entre plusieurs personnes, jusqu’à ce que je voie l’un des protagonistes sortir un douk-douk et trancher net la gorge d’un autre. Je ressens beaucoup d’angoisse à ce moment. Je cour chercher mon gsm pour appeller les secours mais celui-ci ne veut pas s’allumer (ou je ne sais pas m’y prendre). Finalement il s’allume mais je me rends compte qu’entre-temps d’autres personnes ont déjà dû appeler et que ça ne sert plus à rien. Je retourne donc à la fenêtre et là je vois effectivement des secours arriver ainsi que le corps d’une très grosse femme sur le bitume : il s’agit de la mère de celui qui s’est fait trancher la gorge qui s’est suicidée par défenèstration en apprenant la mort de son fils.
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15 octobre 2008
Je ne sais pas quoi faire pour que ma relation avec Natha ne sombre pas. Elle délivre des torrents d’affection et d’attentions diverses, mais tout ceci semble rerésenter beaucoup trop pour moi et je me sens étouffé. J’ai réalisé ceci : Natha a eu un père qui l’ignorait, et maintenant elle est dans un mode de comportement qui consiste à faire le maximum pour rechercher l’attention de son homme. En ce qui me concerne c’est peu ou prou le contraire : ma mère a passé l’entièreté de ma vie à m’étouffer, chose que je n’ai jamais pu supporter, et aujourd’hui je passe encore mon temps à fuir l’affection que Natha me donne/réclame. Car je le ressens comme ça : l’affection qu’elle me “donne” consise essentiellement en l’attente d’une réponse adéquate de ma part, faute de quoi elle devient malheureuse (voir en colère quand ça fait plusieurs jours que je ne me suis pas senti la force de lui donner de l’affection). Et pourtant, au fond, je l’aime tellement. Elle est une merveilleuse petite personne et j’espère que nous allons pouvoir trouver l’équilibre affectif qui nous permettra de faire durer notre relation le plus harmonieusement possible.
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15 octobre 2008
Drôle de petit séjour que nous avons passés à Westende. Quelques ballades à vélo et à pied, les très jolis couchers de soleil, la compagnie des goêlands, toutes choses que je sais habituellement apprécier à leur juste valeur n’auront pu me donner à aucun moment un quelconque plaisir. Je me sens vanné et sans émotion. Il n’y a guère que le raisonnement logique pour me rappeler que j’ai en ce moment tout pour être heureux, car malheureusement je n’en ressens rien. Il faut cependant souligner que je ne me sens pas partiulièrement malheureux non plus. Je flotte simplement dans une sorte de vague brouillard… je suis sans vie, sans joie, sans tristesse et sans colère. D’aucun pourraient avancer qu’il s’agit là d’un état dépressif. Il fut un temps où je leur aurais rétorqué qu’il me semblasse plutôt qu’une souffrance morale ingérable et une volonté d’y mettre fin à tout prix, quitte à s’ôter a vie, fût la description correcte de la dépression. Aujourd’hui, toutefois, j’aurais tendance à dire que lorsque la souffrance se manifeste encore, c’est au moins le signe qu’il y a encore une vie dans le corps et dans l’esprit du sujet. Lorsque même la douleur s’est fait la malle, que reste-t-il de vivant?
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15 octobre 2008
Les belles chansons tristes, les beaux poèmes sont écrits par des perdants. Il est impossible d’accéder aux états qui permettent l’écriture de choses intenses et mélancoliques losqu’on a atteint un certain bien-être spirituel. Je me prends souvent à regretter l’état de mes 20 ans, ce temps où j’écrivis mes textes les plus écorchés et les plus beaux. Nowadays c’est comme si plus rien ne me touchait. Difficile de savoir si la gestion émotionelle globale dont je fais à présent preuve découle d’un “barrage” que j’ai dû mettre en place par rapport à mes sentiments les plus noirs et les plus créateurs, ou si ce barrage est une conséquence de ma meilleure gestion émotionelle.
Toujours est-il que je me sens quelque peu bloqué dans mes capacités de création artistique.
Plusieurs questions se posent :
- est-il nécessaire de sombrer dans la noirceur pour écrire quoi que ce soit de valable? Dans mon cas la réponse est clairment “oui”! L’art gai ne m’a jamais touché. Je suis pour l’art des tripes! L’art de la souffrance!
- la prochaine étape de mon évolution spirituelle ne devrait-elle pas passer par une capacité à maîtriser la noirceur, c’est-à-dire me donner la possibilité d’y accéder à nouveau de manière strictement artistique sans pour autant laisser celle-ci prendre l’importance d’une humeur? C’est en tous cas une voie que je vais tenter d’explorer, bien que je ne sache pas encore comment je vais m’y prendre pour 1) me reconnecter à mes émotions noires 2) les garder sous contrôle.
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10 octobre 2008
Je pense qu’avec ce que les dirigeants et les médias nous font gober comme couleuvres au sujet des musulmans et des peuples arabes depuis les attentats qu’une partie d’entre-eux aurait prétendument commis en septembre 2001 sur le territoire états-uniens, et au jugé de l’opinion d’une grande partie de la population occidentale chrétienne à leur encontre qui en découle directement, il ne serait pas étonant de voir un retour des rafles, des camps de concentration, de l’exterminaion. Les braves gens trouveront ça normal. Peu de personnes seront là pour remettre quoi que ce soit en question. Certains seront peut-être étonnés. Il est pourtant tellement criant que nous sommes dans un climat politique similaire à ce qui se passa dans les années 1930 avec la montée du national-socialisme allemand. Le mal-être qui étreint la population pousse cette dernière à élire des personnages de plus en plus prometteurs de changement, et donc de plus en plus extrémistes. Leur ennemi a simplement changé depuis 40-45. On parle désormais d’axe du mal, de terrorisme islamiste ou que sais-je encore. Tout ceci dans le seul but d’amalgamer dans nos esprits pauvres et mal-nourris la notion animale de “mal” avec “monde arabo-musulman“. Il est dommage que la communauté juive ait tant tiré la couverture à elle en ce qui concerne le devoir de mémoire par rapport à la seconde guerre mondiale. Ce devoir de mémoire est important mais il s’agit de se rendre compte que de tels génocides se reproduiront encore à l’encontre d’autres peuples. Les sentiments mêmes qui peuvent mener au désir d’extermination d’un peuple ou d’une communauté sont le propre de l’être humain dans sa version de base, celle qui ne tente pas de s’élever spirituellement. Depuis la seconde guerre mondiale : voir le génocide arménien, voir l’ex-Yougoslavie, voir les Utu et les Tootsi… Il est dommage également que certains membres de la communauté stigmatisée actuellement, la communauté arabo-musulmane, ne trouvent d’autre recours que l’expression de l’injustice ressentie par la violence.
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10 octobre 2008
Curieux peuple que celui de Belgique. Ces dernières semaines d’observation en tant qu’étranger ne m’ont pas laissé une bonne impression à son sujet. J’aurais bien du mal à me rappeler d’anecdotes qui ne tendraient pas à montrer que le Belge est petit d’esprit, ultra-conformiste, aggressif envers ceux qui ne suivent pas tout règlement au pied de la lettre, craintif envers ceux qu’il ne comprend pas. Son amour de la normalité est aussi déconcertant que son caractère désagréable.
Il me tarde de quitter ce pays devenu trop étroit.
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9 octobre 2008
Depuis ce lundi nous en savons un peu plus sur la suite de notre itinéraire. Nous quittons enfin la Belgique mardi prochain afin de passer quelques semaines en France.
Malgré l’épuisement et mon moral oscillant entre morosité et déconnexion totale du monde réel, je suis fièr d’avoir parcouru plus de 30 km à vélo hier, non sans mal certes, mais 30 km tout de même.
A part cet exploit sportif, nous vivons cette semaine à Westende-Bad comme une semaine de repos après l’effort. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’air marin nous épuise, et nous éprouvons quelque difficulté à récupérer des émotions (dont je n’ai pas parlé ici) que nous avons subies au cours des semaines précédentes. Je suis en outre en plein affranchissement du joug de ma mère et il m’est parfois difficile de garder la tête froide à ce sujet, difficile de garder en mémoire l’abject personnage dont il s’agit sans me laisser emporter par des sentiments absurdes liés aux souvenirs des choses positives qu’elle aurait pu faire lorsque j’étais plus jeune.
Je pense qu’il y a des moments où il faut avoir la force et le courage de ne plus accorder le pardon, comprendre qu’une fois qu’un personnage a atteint un certain niveau d’ignominie il ne reste plus qu’à tourner la page une bonne fois pour toute et s’arranger pour ne plus jamais être à sa portée. J’ai toujours eu a lâcheté de dépenser pour les gens une énergie incroyable sous forme d’empathie lorsque ceux-ci avaient un comportement nauséabond à mon encontre. Ceci doit changer.
Ce pays ne me réussit pas malgré la beauté de certains de ses paysages et les bons moments qu’on y passe. Je pense que tant que ma mère sera en vie dans ce pays, je ne pourrai me sentir bien qu’hors de sa portée, et donc le plus loins possible de Belgique. Comme je l’ai déjà dit, cette femme me terrorise bien plus que n’importe quel homme ou monstre ne le pourra jamais.
Je constate avec désarroi que j’en suis réduit, comme tant d’autres, à rester traumatisé par le mal que m’ont fait mes parents, et que ceci me poursuivra toute ma vie. Qu’importe, je saurai m’envoler avec grâce et fierté.
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