Finally
Vendredi 17 février 2006Je n’ai plus de sous, ni de fille à me mettre sous les draps. Je suis donc officiellement devenu un moins que rien. Il y a plusieurs semaines que je n’ai plus pu me permettre de guindaille, que je n’ai plus fait de rencontres, que je n’ai plus vraiment bu. Que je n’ai plus dansé, non plus : là se situe peut-être le réel drame. Alors je rends visite à mes amies, qui partagent avec moi le contenu d’une théière ou d’une cafetière. Elles aiment également m’inviter et me préparer à manger, car je me nourris toujours avec appétit, délectation et reconnaissance. De m’observer manger, j’ai l’impression que ça les réconcilie un peu avec la bouffe, et il leur arrive même de m’accompagner. Je suis entouré de cuisinières hors pairs qui angoissent lorsqu’elles dépassent les quarante-huit kilos…
Les soirs sans invitation, j’enfonce les écouteurs de mon baladeur dans mes conduits auditifs, et je lance à un volume important un quelconque son bien débile : il peut s’agir d’un set live d’un DJ made in Masters of Hardcore tels Outblast, Neophyte ou Lady Dana, il peut s’agir du rock un peu taré des Eagles of Death Metal (qui ne jouent absolument pas du death metal, pour les incultes), ou encore de hip-hop américain hyper agressif, … Bref, du son qui bourre. J’enfile alors une écharpe, une veste, et je suis parti pour une ballade solitaire dans les rues bruxelloises. Les décibels et l’atmosphère nocturne m’envolent à eux seuls très, très loin.
En rentrant chez moi, je lancerai un disque de jazz, une bande originale de film ou même un peu de reggae instrumental. Je m’endormirai facilement, après avoir lu quelques pages d’un livre de psychologie ou du roman en cours. Je suis seul dans mon lit et plus personne ne me manque.
Il aura fallu le temps…