Archive pour la catégorie ‘Non classé’

De l’autre côté de l’alphabet

Mardi 3 janvier 2006

De l’autre côté de l’alphabet il y a la Russie.

Allongés dans le noir avant notre étreinte elle me dit que moi au moins je ne suis pas un singe, et je ne peux réprimer un léger sursaut. Je me demande si elle sait que je suis en réalité un macaque. Sait-elle que je l’ai écrit, au moins?

Je n’ai jamais connu de fille aussi tendrement féline. Faire l’amour pendant seize heures sans aucun toucher des parties génitales. Nous n’en avons pas encore eu besoin pour perdre la tête.

Spending all your money on alcohol and prostitutes

Mercredi 28 décembre 2005

Platement dit, Y et moi sommes allés aux putes. Dans certaines vitrines, des filles minces, très jolies, semblaient radicalement exaspérées face à l’afflux de poivrots, de vieux obèses et de racaille qui proféraient les gestes et les paroles les plus dégradants à leur encontre. Des filles au bout du rouleau ne se donnaient même plus la peine de faire leur show, assises en tailleur avec une clope au bec et une canette de coca à la main. A attendre la fin du service. L’envie de leur dire “hé c’était une blague de mauvais goût, c’est pas vrai, c’est pas ça ta vie, viens avec moi, je vais te montrer, sors”. Presque au bout de la rue d’Aarschot, une fille de l’est avec quelque rondeurs mais pas vilaine nous fait savoir par des gestes habitués de la main qu’elle s’enverrait bien nos deux comparses en même temps. Il me fait “dis-donc Ced, c’était pas un de tes fantasmes, de prendre une fille avec des potes?”. J’opine du chef. La fille et lui s’échangent des gestes et je les regarde faire, un peu interloqué, on voit qu’il a l’habitude alors que ce n’est que ma seconde fois. L’affaire semble conclue. La nana a presque sincèrement l’air d’en avoir envie. On rentre dans la boutique. Je n’ai pas assez de sous, mon pote m’offre la différence. J’ai la trouille de ne pas bander devant une fille que je ne connais pas. Je me nettoie le sexe avec une serviette humide pour bébé.

L’extrême besoin de la faire jouir.

Le travail effectué, je veux revoir cette autre fille dont on ne me fera pas croire qu’elle avait 18 ans. Je parcours la rue d’un bout à l’autre mais ne retrouve pas sa carrée. Avant de gangbanger notre fille de l’est, elle m’avait dit : monte, tu seras mon dernier client avant que je n’aille dormir.

Dans la voiture, Y diminue le volume de l’autoradio diffusant du 50 Cent et me dit “Je n’aurais jamais cru que quelqu’un apprendrait un jour que je me tape des putes. J’en suis pas fièr. Mais je sais bien que toi t’en as rien à foutre.”
C’est un peu ça aussi l’amitié.

Macaque

Mercredi 28 décembre 2005

Sur une autre note, je suis en train de découvrir une fille très bien. Intelligente, mûre, indépendante, déterminée. Terriblement difficile à séduire. Le genre de fille que j’ai toujours attendu. Elle ne se laisse pas appâter bêtement. Un pas en avant, deux pas en arrière. J’ai peur de lui montrer ce que je suis. Je suis un putain de macaque et tu es une lady sortant d’un bouquin de Dostoïevski. Qu’est-ce que tu foutrais avec moi? Tu frémis quand on te qualifie de motarde, mon casque à la main. L’agneau qui vient de naître. Pourtant ça t’éclate, la moto, ça ne va jamais assez vite pour toi. Quand je perds le contrôle des deux roues sur les bandes blanches ou le verglas, je te sens bien prendre ton pied. Qu’est-ce que tu veux de moi? Es-tu seulement capable d’éprouver quelque chose? T’es-tu enfermée dans ta propre tour d’ivoire? Y trôneras-tu fièrement jusqu’à la fin de mes neurones?

Je suis un macaque et je me suis toujours tapé des traînées. Parce que ces pauvres filles n’avaient pas le choix. Parce que je n’avais pas la confiance en moi suffisante. J’voudrais bien changer. J’ai changé. Y a plus qu’à attendre. Rester patient, persévérant. Lui faire percevoir qui je suis. Surtout lui faire sentir qu’il n’y a pas de quoi en avoir peur. Il existe une certaine finesse en moi. Je peux la palper.

Cependant : que voulez-vous que je foute avec une nana qui n’a même jamais fait de coma éthylique ?

Qui s’y frotte s’y pique

Lundi 26 décembre 2005

A ne plus pouvoir distinguer
Le rêve éveillé de la plate réalité,

Ni la nuit du jour,
Ni le rejet de l’humour,

Ni la peur de la passion,
Ni le cynisme de l’émotion,

Rien de tout cela,
Mais bien le jeu de l’attente.

Seul questionnement qui subsiste :
Seras-tu là pour mes funérailles?

Elles s’emboitent

Samedi 24 décembre 2005

X a si bien captivé mon attention que je n’ai même pas pensé à regarder ses fesses. Elle a su sublimer ce qu’il y avait de meilleur en moi. Cette fille c’est comme la coke. Elle me rend surpuissant. Elle m’a rendu tour à tour comique, critique de cinéma façon “j’ai fait une licence en arts du spectacle”, parfait gentleman, motard fougueux aux yeux sombres, mystérieux mais sincère, drôle mais à l’écoute. Merci petite poupée russe, toi au moins tu me montres qui je suis.

Contrairement à la coke qu’on s’abstient de consommer plus d’une fois l’an car au fond on sait que ça détruit quelque chose à l’intérieur, y a-t-il une raison de se restreindre ici?

Consommons.

Manies

Samedi 17 décembre 2005

Cette manie qu’elles ont de nous les briser pendant toute la durée de notre fréquentation puis de disparaître avec lorsqu’elles cessent, de nous fréquenter. Nous laissant ainsi castrats.

Au petit matin c’est seul que je suis rentré dormir. A la demande d’X à qui je ne peux rien refuser, nous avons passé la soirée dans un bouge infâme. Sur le sol collant de bière, de grosses filles mal fagotées embrassaient des hommes âgés portant des lunettes à monture épaisse et lourde. Des couples de lesbiennes, superbes, faisaient l’amour sur les tables placées devant la scène du karaoké. Assis sur mon tabouret, c’est avec une difficulté certaine que je contenais mon érection. Un ange à qui l’on avait donné un pot-de-vin s’arrangeait pour qu’il y ait toujours un verre plein à ma proximité. Peine perdue. Tu sais, il y a bien longtemps que je ne peux plus être saoul. Certains l’affirment avec fierté, moi c’est avec désespoir : je tiens superbement l’alcool.

Dieu merci je n’ai plus besoin d’être alcoolisé pour redevenir, quelques instants durant, le centre d’attention de la piste de danse.

Le soir du 24

Jeudi 15 décembre 2005

Que faites-vous le 24 décembre au soir? Allez-vous assumer votre hypocrisie et visiter cette famille qui vous aime tendrement, qui continue de s’étonner que vous ayez encore grandi (tu sais tonton, j’ai quand même 24 ans maintenant) et à qui vous ne parlez pas le restant de l’année en petits salopards égoïstes que vous êtes, mais dont vous êtes sûr de recevoir des petites enveloppes si attentionnées ?

Moi j’ai l’intention de le passer en tête-à-tête romantique avec ma petite lesbienne d’alter ego confessionnel. Pour sûr. Si on s’ennuie on matera une cassette de la star ac’ 2 ou alors on pleurera sur nos exs. Quoi qu’il en soit, on va se murger sévère. J’vais m’amener mon bon petit Glenkinchie, ou peut-être un Lagavulin (tant qu’à picoler, autant que ce soit bon (et cher, c’est pas Noël tous les jours, bordel)), pis y aura du Porto et du Batida pour mademoiselle. Pas de vin : mes connaissances en la matière étant inverses à celles qui concernent le Whisky et la bière, on se retrouverait avec un affreux machin qui troue l’estomac et les nappes. A moins qu’on ne se garde la vinasse pour consommer à partir du moment où nous ne serons même plus capables de faire la distinction entre une Chimay bleue et une tasse de Pu-erh (je n’y connais rien non plus en thé, faut pas croire tout ce qu’on vous raconte).

Bitterness only lasts for a few minutes

Mercredi 14 décembre 2005

Devant ma tasse de Java Surabaya, je pense :

Moi, en toi
Toi, qui jouit

Moi, insouciant
Toi, amoureuse

Moi, craintif
Toi, confiante

Moi, amoureux
Toi, rêveuse

Nous, aimants
Enfin

Moi, complice
Toi, malice

Moi, confiant
Toi, absente

Moi, humain… enfin !
Toi, psycho… ha bon ?

Moi, qui pleure
Toi, qui rit

Eux, en toi
Toi, qui jouit

You’re such a nasty hoe

Les femmes de commissaires demandent à leur mari de ramener chaque soir un lascar dans leur lit

Mardi 13 décembre 2005

Je n’ai pas encore connu l’amour simple, évident, facile. Des remises en cause quotidiennes, du chagrin, du manque, de l’hystérie, du désamour passager quelquefois -aussi douloureux pour le désaimé que pour le désaimant. L’abandon d’une partie de soi au profit de l’absorption d’une partie de l’autre. Et puis comme toutes les histoires ont une fin, c’est avec un profond bouleversement psychologique que vient chaque séparation. Avec son lot de larmes et ses derniers déluges de tendresse avant l’adieu définitif. Une longue descente aux enfers commence alors, suivie d’une remontée généralement plus importante que la chute. A se demander si il ne faudrait pas pousser les histoires jusqu’au maximum des tiraillements qu’elles peuvent produire, de manière à :

- être certain que ça se termine en apocalypse
- être certain que la chute sera instructive
- être certain que ce qui naîtra de la remontée sera magnifique
- et pourra connaître des émotions plus fortes encore avec la personne suivante, qui sera encore plus absolue, correspondante, proche de L’être objet de notre quête.

Au fond, je n’ai même jamais connu de « belle histoire amoureuse », passées les premières semaines. Je n’ai jamais grandi pendant une relation, ou si peu. Perte d’inspiration artistique, sauf lors des grands moments de frustration, où l’on se rend bien compte que l’autre n’est pas tout, ne peut pas être tout. L’enfermement en vase clos. Le lot de mes amours. D’après mon expérience, je suis mieux seul ; j’ai pourtant besoin des femmes. Je les aime, j’ai envie de faire jouir chacune d’entre-elles, j’ai envie qu’elles fassent semblant de se confier à moi en sachant pertinemment qu’elles n’en disent pas le quart, j’ai envie qu’elles me comprennent d’instinct parce que les femmes savent et qu’un Ced c’est pas toujours causant, j’ai envie qu’elles se passionnent soudainement pour ce grand brun curieux mais drôle à sa manière et tellement doué au lit. J’ai envie d’absolu avec chacune des femmes qui peuple cette planète. De la sensation, de la vibration. L’ultra-stimulation des sens. Tout en connaissant enfin l’évidence des rapports et la simplicité de la compréhension non verbale.

J’en demande pas trop là, c’est bon ? Oui, vous mettez le lot dans un papier kraft, ce sera très bien. Pardon ? Oui oui, c’est pour consommer tout de suite.

Je t’offrirai un exemplaire du Playboy de février 2000

Mardi 13 décembre 2005

- Tu vois X, avec qui je suis beaucoup sorti ces derniers temps ?
- Ben oui, tu n’arrêtes pas d’en parler…
- Ah, oui, c’est pas faux… Et bien hier soir elle m’a invité chez elle…
- Non ? Tu rigoles ? C’est génial !
- Oui…
- Et ? Ca s’est bien passé au moins ?
- Ben, elle a trouvé un prétexte pour qu’on aille directement dans sa chambre, rapport à la tv du salon qui était en panne…
- Ha ! J’adore les nanas ! Moi la dernière en date m’a demandé si je pouvais enlever les virus de son pc. Qui se trouvait dans sa chambre, c’est logique, et n’était, je devais l’apprendre plus tard, même pas branché. Enfin bon soit, racontes-moi ton histoire !
- Ben je suis resté à discuter avec elle toute la nuit…
- Mouais… Quoi ? Dans sa chambre ?
- Oui, sur son lit…
- …
- Tout habillé…
- …
- Avec ma veste…
- …
- J’ai merdé hein ?
- Et elle, elle était sapée comment ?
- Elle m’a ouvert en nuisette.
- …
- …
- Elle a prononcé les mots « ami » ou « grand frère » quand t’es parti ?
- Elle m’a dit qu’elle était super contente de m’avoir rencontré et que je suis un type bien avec qui on peut discuter de tout…
- Mon dieu… this is so doomed
- Hein ?
- Non, rien.
- En fait je pige pas pourquoi elle m’a invité comme ça chez elle… c’était pas clair tu vois, c’est pas comme si elle m’avait sauté dessus!
- But she wanted you to fuck her brains out, you dumbass !
- Hein ?
- Non rien.