31 janvier 2007
Journée d’ennui profond au bureau, après un mois de course contre la montre ininterrompue.
J’en profite pour écrire que, effectivement, c’est toujours lorsqu’on a quelqu’un que les autres filles vous trouvent massivement irrésistible.
Comme un gland, je choisis d’être fidèle à cette fille qui clame haut et fort qu’elle finira par me claquer entre les doigts, un soir d’ivresse, avec d’autres hommes. Elle suit ses envies, ne s’embarasse jamais de pondération. Soit. Très bien. Merci de m’avoir prévenu. Tu me permets de devenir plus fort face aux sentiments, de ne pas me laisser emporter par eux.
Mais, sitôt que je prends de la distance et cesse de te montrer de l’intérêt, c’est toi qui va à l’encontre de ton principe de non-attachement. Tu me fais une quasi-déclaration. Je vois poindre en toi un soupçon de jalousie. Tu insistes pour que nous passions chacune de nos nuits ensemble. Tu veilles à me faire plaisir par tous les moyens.
Pourtant, tu es censée ne pas m’aimer…
Je voudrais rester fort pour que tu aies toujours le loisir d’être ainsi.
La difficulté que nous avons eu à accorder nos sexualités m’a appris beaucoup de choses. Tu m’as chopé dans une phase où je n’étais capable de bander qu’avec le coeur. Je ne pouvais donc m’accommoder de ce détachement que tu as par rapport au sexe. Il a fallu le temps pour que tu deviennes plus caline, plus féminine. Et moi plus fort, plus dominant, plus masculin à nouveau. Sans doute avions-nous chacun quelque chose à récupérer l’un chez l’autre.
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16 janvier 2007
Etre libre c’est être contraint de faire les choix les plus judicieux possibles, en permanence. Pas de droit à l’erreur dans une réalité dans laquelle on est seul responsable de soi et dans laquelle une mauvaise décision peut avoir des conséquences catastrophiques sur son devenir.
D’où l’alliénation corps et âme des masses à une pensée politique, philosophique, religieuse ou même… télévisuelle. Quand on est guidé, la vie est plus douce, plus facile. C’est pour cela que je ne peux leur en vouloir.
Et moi, où je me situe là-dedans?
Je ne suis rattaché à aucun mouvement de pensée d’aucune sorte, et je ne supporte pas le principe même d’avoir un avis tranché sur une question. Avoir une opinion claire est souvent, à mes yeux, le reflet d’un esprit mort.
Tout n’est que nuances.
Tout est flou, à vrai dire. Chaque élément positif peut toujours être contrebalancé par un élément négatif, et vice-versa. Chaque décision possible me semble, au final, de valeur égale aux autres. Tout bien pesé, je pourrais être n’importe quoi, vivre n’importe quelle vie, réaliser n’importe quelle action -du bénévolat au métier de tueur à gage-, devenir n’importe qui. Anything goes.
On peut certainement dire que je suis libre, mais je crois que je préférerais être alliéné et savoir quoi penser, savoir quoi faire sans devoir y réfléchir. Je voudrais savoir de quoi demain sera fait. Ma liberté me morcelle et l’essentiel de mon énergie sert à me garder en un seul morceau. Je hais ma liberté de décision. Elle me prive de vie.
Voilà, c’est dit.
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6 janvier 2007
Quand je m’approche de toi délicatement, que je saisis ta taille, tes cheveux, ton visage, que je te regarde intensément jusqu’à ce que tu ne puisses plus que détourner la tête en rougissant ou entrouvir les lèvres en fermant les yeux, frémissante en attente d’un baiser, crois-tu que je ne ressente rien? Le crois-tu vraiment, qu’il n’y a là qu’un jeu de prédation?
Quand tu t’endors accrochée à moi de toute la force de tes petits bras, crois-tu vraiment que je ne sois qu’un roc ou une espèce d’arbre solide auquel on peut s’arimer en toute confiance en cas de tempête? Le crois-tu vraiment? Et la tempête qui fais rage sous l’écorce, soupçonnes-tu seulement son existence?
Que crois-tu que je sois? Tu ne peux me reprocher d’être trop macho sans faire naître en moi un sentiment douloureux d’inadéquation. Tu ne peux soupçonner le désespoir amoureux qui m’étreint en permanence. A qui est-il destiné? Je ne le sais pas. Tu ne sauras jamais rien de tout ça, anyway. Tu ne peux pas savoir.
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6 janvier 2007
Elle* pourrait être en train de s’attacher à moi, pour autant que je sache.
C’est totalement déstructuré en ce moment. Mon appartement étant inhabitable en ce moment, mes affaires sont réparties dans trois appartements d’amis, dont un que j’habite en attendant. En fait, ce dernier est celui de la fille que je fréquente. Qui n’y est pas jusqu’à mardi -car elle est occupée à s’organiser des one-night-stands avec des putains d’artistes quelque part en région parisienne.
Au boulot j’ai laissé tomber le costume depuis quinze jours. Je n’ai plus de signe distinctif, si ce n’est celui de ma barbe que je laisse pousser. Le ponte a mis 10 jours à s’apercevoir d’un changement chez moi. Il m’avait appellé dans son bureau pour discuter du remboursement de son compte courant… après quelques phrases il s’est interrompu, m’a détaillé de haut en bas, un mouvement d’à peine une fraction de seconde… s’en est suivi un moment d’arrêt, un flottement, un moment de gravité 0 … puis il s’est repenché sur ses documents et nous avons continué comme si rien ne s’était passé. L’interlude n’a duré que deux secondes, tout au plus… mais quelque chose de très clair s’y est passé. He became aware of my utter insanity.
Quelque chose cloche en moi. J’ai vraiment besoin de me forcer à penser au cul pour avoir une quelconque libido. Je crois que si je le pouvais, je retournerais dans un utérus. Pour toujours. Mais pas celui de ma mère, ça non. Celui d’une jeune femme fraîche qui me porterait éternellement.
Quand on a ce genre de fantasme (il n’est pas nouveau), il est difficile, épuisant de garder cette arrogance tempérée par un fin sourire et un regard charmeur, cette confiance en soi, cette attitude d’homme que rien ne peut ébranler et qui ne connait aucun souci suffisament important que pour qu’il y prête une réelle attention plus de temps que nécessaire à son efficace résolution, attitude requise pour créer l’attirance dans le chef d’une femme.
Je veux dire… j’ai compris ce que c’était que d’être un homme, et j’arrive à l’être quite seemlessly.
Mais je ne suis pas sûr de vouloir de ça.
* Ca commence à puer quand je débute mes posts par elle.
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28 décembre 2006
Elle arrive chez moi dans l’espoir d’y passer la nuit. Elle n’apporte ni tendresse ni chaleur humaine. Elle veut juste se faire prendre. Elle pense que je devrais avoir naturellement envie de toucher ses fesses, de la déshabiller, puis de l’allonger et de la pénétrer. Elle ne tient pas à m’embrasser. Elle semble exécrer l’idée de prendre le temps de faire monter la tension par des frôlements, des caresses, des regards ou des baisers. Elle pense être intrinsèquement désirable, juste parce qu’elle est une femme et que je suis un homme. Mais peu de filles ont été capables d’éveiller mon désir par leur simple présence physique (je crois en avoir connu deux).
C’est très confus, très fatiguant. Elle ne comprend pas pourquoi je refuse d’aller plus loin malgré mon érection, pur réflexe physique. Je voudrais lui signifier que je ne peux éprouver de désir sans un minimum de connexion émotionnelle.
On lit des articles expliquants que les hommes sont plus excités par l’idée d’une relation sexuelle anonyme, à l’arrache, alors que les femmes auraient besoin de plus de temps, d’une illusion de lien affectif avec le protagoniste mâle. Quelle connerie…
Hier, au téléphone avec un ami très proche. Il m’explique qu’il est déçu… déçu car le rencard qu’il a eu avec une fille n’a même pas eu besoin d’alcool pour se terminer en mega partie de jambes en l’air, mais que le lendemain après-midi elle lui a dit au revoir d’un ton tout à fait détaché, qui signifiait qu’il n’y aurait pas de seconde fois. Lui, après sa performance, se voyait déjà l’appeller “ma meuf”.
Elle arrive chez moi dans l’espoir de se faire piner plaquée contre le mur à côté de mon bar, mais elle repartira frustrée.
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19 décembre 2006
Le choc en montant dans le tram. L’odeur de transpiration de cette bande d’adolescents qui revient du club sportif. Ils sont bruyants, excités. Ils tentent chacun de se montrer le plus fort pour impressionner les filles. Et cette lumière crue, forte mais sale, des tubes fluorescents du tram. Le contraste avec les quinze minutes que j’ai passé dans le noir, le froid et le silence, dans cette partie résidentielle de la ville qui est toujours déserte à cette heure.
Je suis au lit avec une fille que je ne connais pas et je nous sens comme si nous étions un couple vieux de soixante ans. Je ne sais pas pourquoi elle dort dans mon lit alors que ni l’un ni l’autre ne nous désirons. Elle me parle de ce kiné qu’elle a invité chez elle pour qu’il lui fasse un massage. Je lui parle de S., au boulot, qui a l’air de fantasmer de plus en plus intensément sur moi. Elle est dans mon lit et on ne baise pas. On ne s’embrasse même pas. Il n’y a aucune sensation émotionnelle lorsqu’on se touche. C’est totalement dénué de sens, d’intérêt. Mais chaque soir elle re-apparaît, sans que je n’ai ni fondamentalement envie de la voir, ni envie de la chasser. Je ne sais pas pourquoi elle vient. On ne peut pas dire que je l’écoute quand elle me parle. Quand à savoir si elle m’écoute lorsque je lui raconte mes journées, très honnêtement je n’en sais rien, et je n’y prête guère attention.
Les sensations de volupté qui accompagnaient le simple fait de tenir une fille contre moi me sont maintenant interdites, ou disons… étrangères. Ces sensations sont révolues. Oui, bel et bien. Me vie semble avoir disparu dans un trou noir. Je ne peux même pas dire « j’ai vécu ». Car au fond il n’y a que dans mes rêves que j’ai vécu. Je n’ai aimé à en crever que les filles qui étaient déjà parties. Je n’ai désiré profondément que des filles qui m’étaient strictement inaccessibles. Je n’ai souhaité et n’ai travaillé que pour des situations qui perdirent tout leur attrait lorsqu’elles furent sur le point de s’accomplir. Je n’ai jamais vécu qu’à travers un bonheur illusoire, une quête d’un idéal révolu avant même sa possible existence.
C’est comme ça qu’on retrouve dans son lit des filles dont on ne sait même pas quel intérêt elles trouvent à y venir.
La fatigue du temps qui passe et de n’être ému par rien,
ou pas aux bons moments.
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14 décembre 2006
Il y a la fierté tu sais, tu sais. Surtout celle de garder le regard charmeur et le sourire en coin. Te faire un clin d’oeil amusé de papa face à la petite fille qui a fait une menue bêtise, quand je t’envoie gentiment sur les roses en m’ouvrant le coeur. Des mains de Freddy Krueger. La vie c’est ça, c’est faire des choix. Des choix qui sont bon pour soi. Même si.
Toute remise à neuf apporte sa part de vieillissement. Hey, merci d’être passée par ici avec ta douceur. Merci d’être repartie si facilement avec ta psychose. Je sais que tu reviendras baiser, parce que tu vis que c’était bon. On se donnera l’un l’autre l’illusion d’amour et je serai ton amant. On se vendra du rêve à pas cher. 2€ le dvd, 1€ le préservatif, une bonne petite soirée. De l’illusion d’amour sauf en cas de contrariété. Là nous seront deux étrangers, deux félins, qui se rendent compte qu’ils ont empiété sur le territoire l’un de l’autre. Le goût de tuer se mêlera au désir et ça n’en sera pas forcément meilleur. Il n’y a que dans les romans où la haine rend le sexe plus voluptueux. Les tigres de Sibérie qui, pendant la période des amours, se tolèrent, s’aiment violemment. Puis, sous peine de bagarre sanglante, s’en retournent chacun dans leur territoire de plusieurs kilomètres carrés. Mais ne rêvent-ils pas de leurs ébats passés, le sommeil venu?
Est-ce que je rêverai de ta jouissance, moi?
Peut-être.
Nous tomberons encore de sommeil, strictement imbriqués l’un dans l’autre, nos membres faisant des noeuds. Nous nous serrerons, et le matin nous aurons des traces sur les flancs, sur le dos. Avant de jouir dans ta bouche, je n’avais jamais de ma vie réussi à m’endormir en tenant une fille contre moi.
Dieu merci, tu es folle à lier.
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8 décembre 2006
Je n’apprécie absolument pas cette sensation de vide qui m’étreint depuis que je baise à nouveau. Je veux dire, récupérer une vie sexuelle n’était même pas un objectif en soi, ça ne me manquait pas. Il se trouve que ça m’est tombé dessus, un peu par hasard.
Je ne me rends pas toujours compte que quand je drague, ça peut réellement porter à conséquence. Ca peut… mener au lit de la belle. Mener à de l’interaction sexuelle.
Mais tout ça me gave : la baise, le sexe, je n’en ai rien à foutre.
Les filles sont complètement obsédées par l’idée de se faire fourrer. Lorsqu’on presse les bons boutons (sans jeu de mot), il y a ce besoin impérieux d’être remplies qui apparaît chez elles. Hélas, je ne suis que possédé par un besoin de volupté. Qui ne passe pas nécessairement, voir même très rarement, par le coït. Ce besoin de volupté me rend malheureusement plutôt doué pour allumer une femme. Je pourrais y passer des heures, depuis le premier toucher désinvolte du bout de ses cheveux, aux caresses fougueuses de tout son corps accompagnées de mon souffle puissant dans son cou alors que je la tiens plaquée contre le mur et lui tire légèrement la crinière en arrière pendant qu’une de ses jambes tente de m’entourer. Et que je commence à sentir l’odeur de sa chatte, que je garderai sur mes doigts un moment. Mon aventure actuelle en devient complètement hystérique, incontrôlable, elle me supplie de la prendre, se contorsionne, gémit, m’appelle en elle, pleure en me demandant de la casser de toute mes forces. Je suis ému lorsqu’une femme s’offre ainsi, ça me prend aux tripes. Je trouve ça fondamentalement beau. Vraiment. Mais ce remplissage post-allumage, je n’ai pas envie de l’assumer. Tout devrait s’arrêter juste avant ça. Je voudrais devenir spectateur et laisser ma place, au moment de la pénétration.
Mon corps entier est une zone érogène, à l’exception de mon pénis.
Mon seul fantasme, ma seule jouissance serait de crever cousu à elles, peut-être. Ceci est un vieux sujet.
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7 décembre 2006
Il est des jours où les dangers de la vie semblent plus difficiles à ignorer, que d’autres.
Elle offrait les meilleures fellations au monde. Inimaginable. Jamais auparavant je n’avais ressenti une telle volupté. Cette sensation de succion extrême du gland. Je n’avais pas une seule fois soupçonné que ce puisse être even remotely faisable, réalisable, ni même envisageable ne serait-ce que sur le plan théorique.
Devenir dingue.
Mais son corps, bien que joli, ne me convenait pas. Je ne parvenais pas à lui faire l’amour avec passion. Quelque chose clochait.
Me distrayait.
Peut-être aurais-je simplement souhaité que tu aies envie que je te baise parce que tu étais dingue de moi.
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30 novembre 2006
Il y a cet effet boeuf que je fais aux filles qui ne m’attirent pas. Cette manière de me dire qu’elle m’attend chez elle pour que nous fassions l’amour. Elle présente ça comme si elle me faisait une faveur extraordinaire, qui ne se produit qu’une fois dans la vie, alors que j’ai le sentiment que si ça se produisait ce serait l’inverse.
Parce que ça ne se produit pas. Je ne baise pas n’importe qui. Je suis trop bon au lit que pour offrir ça à une fille qui n’a pas pris la peine de le mériter / de se faire désirer. Je lui dis qu’elle finira bien par ne plus résister à la tentation et que nous ferons l’amour un jour même si je ne viens pas chez elle. Je ne lui parle que moyennement gentiment avant de raccrocher, et vingt minutes plus tard elle a traversé la ville pour nous rejoindre, mes amis et moi qui sommes dans un café.
Elle est chaude comme une baraque à frites et je suis bien emmerdé parce qu’il est évident qu’elle attend de moi quelque chose que je n’ai pas envie de lui donner. Je n’ai pas envie d’elle. Mes amis me regardent comme si j’étais un petit veinard, quelle superbe opportunité. Ils ne comprennent manifestement rien à ce que je ressens. Il n’y a pas eu de jeu de séduction. Je ne sais pas comment on peut avoir envie de quelqu’un sans avoir pris la peine de se tourner l’un autour de l’autre pendant un petit temps. Je suis un peu comme la plupart des animaux, finalement. Il y a ce besoin de parade nuptiale, de passer par tout un processus très convenu, une succession de stimuli donnés qui déclenchent des réponses types, la température montant palier par palier.
Certains humains fonctionnent avec un simple bouton on/off. Ce n’est pas mon cas.
Je trouve un peu triste, d’ailleurs, ces filles qui ne connaissent pas le jeu de la séduction. Qui pensent qu’un homme en tant que mâle est immédiatement acquis, sexuellement parlant. Qui ne font rien de particulier pour se mettre en valeur, pour attirer l’attention, pour rendre l’homme fou de désir. Qui agissent comme si “baise moi” pouvait avoir une quelconque valeur érotique.
De la subtilité, de la finesse. Je dois pouvoir jouer le jeu de n’y voir que du feu.
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